Palmarès « Parlons-Vélo » 2021 : Troyes, toujours mal noté.

157 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

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Le baromètre "Parlons-vélo", publié par la FUB vient de livrer son verdict. Et Troyes, seule ville classée du département, obtient une piteuse note de 2.76/6... (E).
Plusieurs éléments peuvent retenir notre attention.

Une étude sur le ressenti des usagers.

Synthèse des résultats pour la ville de Troyes

D’abord, sur la méthodologie : Ce baromètre ne prétend pas à une évaluation comparative et objective des aménagements cyclables. Ainsi, il ne mesure pas la part modale du vélo dans les déplacements, ni même le nombre de km de pistes cyclables ou le nombre de points de stationnement destinés à la « petite reine ».
Il s’agit en réalité d’une appréciation, forcément subjective, des habitants des communes concernées sur le « climat » en matière cyclable. En somme, ce baromètre mesure le ressenti des usagers du vélo. Il donne en cela une bonne idée de la manière dont ceux-ci vivent la pratique du vélo dans leur ville. Or, on le sait, l’usage du vélo en ville dépend en grande partie de l’idée qu’on peut se faire de sa pratique quotidienne en terme de sécurité, de confort…
Par ailleurs, si seule la ville de Troyes a été évaluée (au regard du nombre de participants), on doit considérer que c’est bien l’ensemble de l’agglomération qui est ici à prendre en compte. Car dans la pratique quotidienne, le ressenti d’un usager du vélo concerne bel et bien l’ensemble de ces déplacements sur l’agglomération troyenne.

Points forts et points faibles

Sur le fond, on observe d’abord que la note de Troyes stagne depuis la création de ce baromètre en 2017. Elle était de 2,88/5 en 2017, 2,55/05 en 2019 et remonte légèrement à 2,76/05 en 2021.
Derrière ce premier constat, le détail laisse apparaître plusieurs éléments intéressants.

Les points forts.
Compte tenu de la note médiocre, ces points forts sont évidemment peu nombreux. On en dénombre 2 seulement.


- Dans la commune ou à proximité, trouver un magasin/atelier de réparation vélo est facile
- Louer un vélo pour quelques heures ou pour plusieurs mois est facile

On pourra voir, dans ce 2e point fort, la conséquence positive de la mise en place du « Marcel » [1] dans notre agglomération. La preuve, s’il en fallait une, qu’une politique active en matière de vélo, permet d’obtenir des résultats tangibles et immédiats.

Les points faibles

Ils sont forcément plus nombreux…


- Pour les enfants et les personnes âgées, circuler à vélo est sûr
- Lors de travaux sur les itinéraires cyclables, une solution alternative sûre est proposée
- Traverser un carrefour ou un rond-point n’est pas dangereux
- La mairie est à l’écoute des besoins des usagers du vélo, elle les implique dans ses réflexions
- Le réseau d’itinéraires cyclables me permet d’aller partout de façon rapide et directe

D’évidence, ce sont les questions de sécurité et de cohérence du réseau qui posent le plus de problèmes pour les usagers de l’agglomération troyenne. Et cela est confirmé par les priorités exprimées en terme d’amélioration du réseau :

67,5 % : Un réseau cyclable complet et sans coupure
50,9 % : Des itinéraires vélo rapides et directs
48,6 % Entretenir les pistes et bandes cyclables
32,1 % Des stationnements adaptés et sécurisés pour les vélos

Ce n’est hélas, pour nous et pour les usagers du vélo que nous rencontrons, pas une surprise. Non seulement l’agglomération troyenne tarde à aménager et sécuriser les grands axes (Avenue Brossolette, Avenue du 1er mai, Avenue Gallieni…), mais elle échoue, souvent, lors des requalifications à proposer des aménagements cyclables à la hauteur des attentes.

Avenue de l’Île Germaine : L’exemple d’une requalification "non-sécurisante"

Pour illustrer cela, l’exemple de la requalification de l’avenue de l’Île Germaine à St-André-les-Vergers est significatif.

Si on regarde le verre à moitié plein, on pourra se réjouir de voir cette municipalité proposer un aménagement cyclable sur cette avenue large et déterminante pour relier la commune de St-André avec Ste-Savine et Troyes via la voie verte des Viennes.

Hélas, la réalisation est très loin d’être au niveau de nos espérances et des recommandations que nous avions adressé aux responsables locaux.
En lieu et place d’un aménagement sécurisé et sur la chaussée, permettant une visibilité des cyclistes par les automobilistes, les élus locaux ont opté pour un trottoir partagé.
Le résultat fait légitimement grincer des dents…
Car non seulement cet aménagement provoque des conflits entre piétons et cyclistes, contraints de partager le même espace. Mais surtout, il génère beaucoup d’inconfort et d’insécurité pour les cyclistes, obligés de marquer le pas de manière répétée pour, ici veiller aux piétons, ailleurs laisser passer les voitures… Chaque intersection, chaque moment où le cycliste doit revenir sur la chaussée conduit à un risque d’autant plus accru que l’automobiliste a oublié la présence du vélo.
Voilà typiquement le genre d’aménagement raté alors même qu’on disposait d’une voirie suffisamment large. Voilà qui, entre autre chose, explique le mauvais score de notre agglomération.

Notes

[1C’est ne nom du vélo en libre service proposé depuis juillet 2021 ans l’agglomération troyenne