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"Le projet d’incinérateur est-il nécessaire ?" (L’Est-Eclair du 11 mai 2017)

Publié ce jeudi 11 mai, l’article de l’Est-Eclair évoque la piste de mutualisation des incinérateurs, envisageable en s’engageant parallèlement dans la réduction des déchets. Les lecteurs remarqueront que rien n’invalide ce scénario qui permettrait à notre département d’éviter une dépense de 78 millions d’euros.

Précisions concernant le contenu de l’article

Pour compléter le contenu de cet article, nous souhaitons préciser plusieurs éléments.

- Comme le dit effectivement l’article, le SDEDA a étudié la possibilité de mutualisation en 2010 ; possibilité jugée à l’époque comme "la plus intéressantes sur tous les critères (coût traitement, investissement, acceptabilité". De manière assez surprenante, ce scénario n’a pourtant pas été retenu... Or ce scénario a plusieurs avantages :

  1. D’abord, celui d’éviter un investissement très coûteux.
  2. Ensuite, celui de rester libre de réduire nos déchets. Car un incinérateur selon l’ADEME elle-même a souvent tendance à freiner, parfois geler les politiques de tri et de réduction des déchets.
  3. Egalement, celui de permettre aux départements voisins de retrouver des marges de manoeuvre pour reprendre et amplifier eux aussi leurs politiques de réduction des déchets.
  4. Enfin, de nous éviter une impasse financière compte tenu de l’évolution à la hausse prévisible (et annoncée par l’ADEME) des taxes qui pèseront sur l’incinération.

- S’agissant des incinérateurs voisins, le "vide de fours" du seul incinérateur de Chaumont est d’environ 20 000 t/an (un tiers du besoin estimé par le SDEDA). Ce vide de fours, selon les mots mêmes des autorités préfectorales, est appelé à augmenter. Selon les rapports d’exploitation que nous avons pu consulter, tous les incinérateurs voisins connaissent des vides de fours plus ou moins important.
- Dernier élément, et non des moindres, le projet du SDEDA s’appuie sur une production d’ordures ménagères de 220kg/an/hab à l’horizon de 2026. Or, le rapport de l’ADEME mentionné dans cet article explique :"qu’une réduction significative est d’ores et déjà accessible (en 2013 plus de 170 collectivités collectent moins de 150kg/hab/an d’OMR pour une moyenne nationale de 269 kg/hab/an [1]), à un coût de gestion globale à la tonne de déchets ménagers identique, voire plus faible". Avec un tel ratio qualifié "d’ors et déjà accessible", le projet d’incinérateur n’aurait plus aucun sens et la mutualisation vers les équipements voisins serait la piste la plus raisonnable économiquement et écologiquement.

Nous sommes persuadés que ce projet, pensé au début des années 2000, ne correspond plus aujourd’hui aux nécessités des années 2020. Tous les retours des collectivités engagées dans la réduction des déchets montrent que les marges de manoeuvre sont considérables. Tous les rapports indiquent que demain la fiscalité incitera au tri et pénalisera fortement l’incinération. Il nous semble donc plus que jamais nécessaire d’appliquer le moratoire demandé par l’Europe et de réfléchir, avec pragmatisme sur les solutions qui seront celles de demain.

Notes

[1L’Aube est pour l’instant autour de 275kg/an/hab

2 Messages

  • Bonjour,

    Pourriez-vous m’expliquer dans quelle mesure le fait d’envoyer des camions-bennes de l’agglomération troyenne, principal bassin de vie et producteur de déchets ménagers dans l’Aube, à 100 kilomètres de leur zone de ramassage représente-t-il une solution plus écologique plutôt que de traiter et transformer directement sur place les déchets en énergie ?
    Merci,
    Cordialement,
    Franck DE BRITO
    L’Est Eclair

  • Bonsoir,

    Nous ne préconisons pas de brûler les déchets de l’agglomération troyenne à 100km de Troyes. Brûler un déchet n’est jamais écologique. C’est toujours la pire des solutions, celle à réserver pour les seuls déchets que nous ne savons pas recycler ou méthaniser.
    Nous préconisons de façon hiérarchique et conformément à toutes les recommandations :
    1. De réduire les OMR. C’est à dire extraire de nos déchets le maximum de matière recyclable et méthanisable. Le retour des collectivités engagées dans ce modèle permet d’être bien en dessous des 220kg/hab imaginé en 2026 par le SDEDA (nous citons souvent Besançon et ses 150kg/hab mais il suffit désormais de regarder les chiffres obtenus par le territoire de la forêt d’Orient (170kg/an obtenu en 2 ans). L’ADEME confirme le sérieux de ces pistes.
    2. De traiter de la manière la plus "écolo" possible le reste, sachant que ce "reste" à vocation à continuer à se réduire (grâce au progrès continu en matière de tri que nous constatons, qui s’accélère et dont on peut estimer qu’ils se poursuivront dans les décennies prochaines)

    A court terme, c’est vrai, cela peut surprendre. Cela peut surprendre si on pose un regard statique en imaginant que l’on va exporter 60 000 t de déchets (ou plus) de Troyes vers l’extérieur ( à 100 km) pendant 20, 30 ou 40 ans.

    En réalité, il faut regarder cela de façon dynamique et plus large que notre focale troyo-troyenne :
    - En réduisant nos OMR, nous recyclons davantage, donc nous améliorons notre bilan écologique.
    - En réduisant nos OMR, nous exporterons de moins en moins de déchets (60 000 t, puis 50, puis 40, puis 30...) , ; donc nous réduisons, peu à peu, le coût écologique que cela représente. Notons que ces déchets, pour une bonne part, n’auront pas plus de km à faire (il n’y a guère plus de km en Bar/Aube et Chaumont, qu’entre Bar/Aube et Troyes). Il est vrai que l’agglo produit la moitié de ces déchets.
    - En exportant vers les incinérateurs voisins, nous permettons de lever le frein que constituent ces incinérateurs en "vides de fours", chez nos voisins, sur leurs politiques de tri. En somme nous leurs permettons de relancer la réduction des déchets en leur redonnant des marges de manoeuvre.

    Le coût écologique que peut représenter ces exportations est donc compensé (de manière croissante au fil des années) par le bénéfice écologique obtenu par la baisse des déchets chez nous et chez nos voisins.
    Il faudrait bien entendu réaliser un bilan carbone complet et précis, mais nous avons la faiblesse de penser, au regard notamment du dernier rapport de l’ADEME qui préconise cette mutualisation des équipements, que ce que nous proposons (D’abord et toujours la réduction des déchets, ensuite la mutualisation), est la solution la plus écologique à moyen terme.

    En tout état de cause, si un tel incinérateur de 60 000 t était construit, il freinerait la réduction des déchets ; et s’il devait connaître des vides de fours, il obligerait l’exploitant à faire ce que vous regrettez, c’est à dire importer des déchets venus de très loin. Le hic, c’est que nos voisins, déjà équipés d’incinérateurs n’auront pas de déchets à fournir. Ceci nous mènerait dans une impasse certaine.
    Vous le déduisez sans doute, l’incinérateur de 60 00 t est sans doute surdimensionné. Le second hic, c’est que personne ne construira un outil plus petit car c’est économiquement non-viable.

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