Le Commissariat au Développement Durable confirme l’efficacité de la tarification incitative

371 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Là où le Conseil Département prédit 220kg/hab/an pour les aubois en 2026, 3 millions de Français ne produisent déjà plus que 134kg/hab/an d’ordures grâce à la tarification incitative. Un schéma qui, de facto, rend inutile la construction d’un incinérateur.

Là où le Conseil Départemental de l’Aube et le SDEDA imaginent, à 10 ans, parvenir laborieusement 220kg/hab/an d’OMR [1], le rapport du Commissariat au Développement Durable, publié en mars 2016, montre que les 3 millions d’habitants déjà concernés par la tarification incitative ne produisent plus que 134kg/hab/an d’OMR en moyenne.

De tels chiffres amènent à deux conclusions.

L’évolution des OMR avant et après la tarification incitative.

D’abord, les scénarios conçus par les collectivités locales sont manifestement erronés. Car la mise en place de la tarification incitative est d’ors et déjà actée par le Grand Troyes et sera inéluctablement élargie à tout le territoire aubois. Comment imaginer que nous ne puissions pas, a minima, atteindre la moyenne nationale actuellement constatée ? Comment penser que dans 10 ans nous puissions encore produire 220kg/hab/an alors que ces centaines de collectivités sont aujourd’hui parvenues à une moyenne de 134kg/hab/an ? Comment pourrions-nous être aussi médiocres alors que nous disposons du retour d’expériences de milliers de communes ?

Le rapport du Commissariat au Développement Durable

Ensuite, cette réalité chiffrée par ce rapport démontre l’inutilité incontestable du projet d’incinérateur. Celui-ci a, en effet, été conçu pour traiter les 90 000 tonnes d’OMR [2] et, d’ici 2026, les 66 000 tonnes espérées. Un simple calcul permet de comprendre qu’avec 134kg/hab/an, notre département ne produirait plus que 40 000 tonnes. Cette performance, rappelons-le, tout juste moyenne, rend de facto inutile la construction d’un incinérateur. D’une part, parce que la quantité restante sera trop faible pour permettre un investissement si conséquent (plusieurs dizaines de millions d’euros) ; d’autre part, parce qu’à ce niveau, d’autres solutions existent pour traiter efficacement, à coût réduit, les ordures restantes.

Notes

[1Ordures Ménagères Résiduelles : celles qui constituent 90% de la matière première de l’incinérateur

[2Délibération du SDEDA d’octobre 2012