Diffamation : "On doit présenter ses excuses" (Est-Eclair du 17 novembre 2018)

1 | 57 lecteurs | par Le bureau - Aube Durable

Cet article publié par l’Est-Eclair revient sur le retrait de la plainte pour diffamation et la position du maire de La Chapelle Saint Luc sur le projet d’incinérateur.

Notre analyse

Pour paraphraser les propos du maire chapelain, la levée de cette plainte du SDEDA a effectivement de quoi laisser un goût amère lorsqu’on sait ce que peuvent représenter les frais d’un avocat pour les 13 citoyens accusés et la violence d’une telle procédure.
Car tandis que pour les uns, les responsables du SDEDA, cette plainte a pu être déposée en restant cachée derrière un syndicat qui a tout pris en charge (procédure, honoraires…), les autres, les accusés, ont eux été directement et personnellement impliqués alors même que le contenu de cette lettre n’avait rien de particulièrement choquant.
Ce sont, disons-le, des manières de faire qui ne sont pas dignes des élus et du pouvoir qui leur est confié.

S’agissant du projet d’incinérateur, encore une fois, il convient de souligner la lucidité, désormais, des élus locaux (en tout cas de la majorité d’entre eux) et singulièrement d’Olivier Girardin.
Les ratios aujourd’hui atteints par le Grand Besançon (environ 150kg/an/hab d’ordures ménagères) rendraient inutile un projet d’incinérateur de la dimension envisagée. C’est là une évidence tout comme il est évident que notre département atteindra ces ratios. Reste à savoir quand ?
En soutenant la construction de cet incinérateur, il est clair que les élus repoussent l’échéance et surtout rendent bien plus difficile l’accomplissement de cet objectif de réduction. A quoi bon trier et réduire nos déchets quand il faudra « nourrir la bête » ? Plus grave, en laissant faire ce projet, les élus risquent très vraisemblablement d’alourdir la fiscalité des ménages à un moment où chacun s’accorde à la considérer comme trop élevée. Là où une politique de réduction des déchets, comme celle menée dans le Grand Besançon, pourrait permettre de réduire la fiscalité liée à la collecte et l’élimination, l’incinération nous place dans un piège et une contrainte extrêmement forte. Car il faudra, d’une manière ou d’une autre, payer cet outil et les 240 millions de CA annoncés par Véolia. Il faudra également faire une croix sur les revenus générés par le tri et le recyclage si les politiques de réduction sont remises aux calendes grecques.