Semaine "Réduisons nos déchets" : A Troyes, l’obligation de tri dans les entreprises n’est pas respectée

199 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Dans le cadre de la semaine "Réduisons nos déchets", notre association a souhaité alerter plusieurs établissements de l’agglomération ainsi que les responsables politiques et économiques sur l’obligation légale du tri des déchets.

Il y a quelques semaines, Zéro Waste France a dénoncé le non respect de la réglementation sur le tri des déchets par plusieurs établissements McDonald’s et KFC situés Place de la République à Paris. L’association qui a déposé plainte invoque l’absence de tri en salle, l’absence de tri des bio-déchets et le recours massif au tout jetable.

Aube-Durable a souhaité prolonger cette action de ZWF au niveau local. Une dizaine de fast-foods de l’agglomération, appartenant aux principales enseignes du secteur (McDonald, Burger King, Subway, Quick, KFC.) ainsi que CGR-Ciné City ont été visités. Le bilan est clair et net : aucun établissement ne fait de tri sélectif. Aucun d’entre eux ne respecte le décret du 10 mars 2016 (n°2016-288) communément appelé le "décret 5 flux". Ce décret indique que le tri des déchets est obligatoire dans la plupart des entreprises, pour leurs déchets de papier, métal, plastique, verre et bois. Ce texte prévoit que tout producteur ou détenteur de déchets ayant recours à un prestataire privé doit les trier, quelle qu’en soit la quantité hebdomadaire. Selon nos calculs l’application de ce décret permettrait, pour les seuls McDonald, d’éviter dans notre département qu’environ 200 tonnes d’emballages recyclables ne finissent dans l’enfouissement ou l’incinération.

Pour autant, cette action ne vise pas à stigmatiser tel ou tel secteur d’activité ou telle ou telle entreprise. Car les constats que nous avons pu faire dans ces grandes enseignes, nous aurions également pu les faire dans la plupart des administrations, des commerces, des entreprises, des cantines scolaires de l’agglomération, où bien souvent ni les bio-déchets, ni les papiers, ni les emballages ne font l’objet d’une collecte sélective.

La lettre adressée au Restaurant MacDonald’s

Notre action a pour objectif, dans le cadre de la semaine « Réduisons nos déchets  » de montrer à ces entreprises à qui nous avons adressé le courrier ci-joint, et surtout aux élus et au grand public, l’écart abyssal entre les déclarations d’intention (des élus, des responsables économiques…) et la réalité des actions menées. A cet égard, deux exemples nous paraissent significatifs :
- Un établissement scolaire troyen propose depuis plusieurs mois à ses élèves le tri des bio-déchets à la restauration scolaire. Hélas, ces déchets prennent ensuite le même chemin que les ordures ménagères résiduelles (poubelle grise) faute d’une collecte organisée par la collectivité gestionnaire de l’établissement.
- Le Mac Donalds Argence invite ses clients à rapporter la vaisselle au comptoir ; une vaisselle durable que l’on ne propose hélas pas aux clients (cf. photo)

Au delà de ces deux exemples qui illustrent parfaitement la difficulté de passer de l’intention aux actes sans un soutien politique fort, ce sont des centaines de kilos de déchets recyclables (papiers, cartons, plastiques...) ou compostables qui, chaque jour, au mépris de la loi, finissent dans les ordures ménagères. Nous notons cependant que des collectivités ont installé sur le domaine public, des poubelles doubles pour permettre aux usagers de trier leurs déchets dans des conditions favorables.

Ce sont donc, chaque année, plusieurs centaines ou milliers de tonnes qui pourraient être détournées, aujourd’hui de l’enfouissement, demain de l’incinération.
Cette situation conforte l’idée que nos collectivités locales (département, agglomérations…) n’ont pas menées les actions nécessaires, ces dernières années, pour faire respecter la hiérarchie de traitement des déchets qui invite à privilégier les actions de réduction et de prévention. Dans ce cadre, la construction d’un incinérateur, avant d’avoir mis en place les mesures indiquées par la loi, relève au mieux d’une méconnaissance de cette loi, au pire d’une volonté de s’en soustraire.
Nous invitons donc nos responsables à prendre la mesure des progrès possibles, à engager au plus vite les actions en faveur de la prévention et de la réduction et à en tirer toutes les conséquences en terme de capacité d’élimination, c’est à dire en stoppant, à titre conservatoire, la construction de l’incinérateur chapelain.