Le président du département médiateur entre le SDEDA et les 13 riverains (L’Est-Eclair du 16 octobre 2018)

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L’article publié ce mardi 16 octobre revient sur la position de P. Pichery, président du Département de l’Aube, dans la plainte du SDEDA contre 13 riverains de l’incinérateur.

Notre analyse

Concernant la plainte, la médiation du Président du Département pourra, nous l’espérons, permettre de sortir d’une situation dont chacun s’accorde à considérer qu’elle ne peut servir l’image des élus.
Sur le fond du sujet, deux remarques peuvent être apportées aux déclarations de P. Pichery.

Un choix technique fait « de manière démocratique » ?

Si le choix technique respecte les procédures légales, nous continuons à contester la légitimité du processus démocratique qui a conduit au choix de l’incinération. Depuis près de 10 ans que ce projet est dans les cartons, le SDEDA n’a organisé qu’une seule et unique réunion publique sur le sujet (en janvier 2017). C’est peu, bien trop peu pour un projet de 78 millions d’euros impactant l’environnement pour 40 ans.
Deux réunions publiques ont été organisées dans le cadre de l’enquête de 2018 alors même que le processus arrivait à son terme. C’est tard, bien trop tard pour considérer qu’on associe la population à ce projet. Car c’est en amont, il y a 10 ans, qu’une concertation publique aurait dû avoir lieu pour permettre à chacun d’interroger réellement la pertinence du choix de l’incinération. A cet égard, nous ne pouvons pas considérer que le choix de l’incinération s’est fait de la manière la plus démocratique possible.

Ce choix doit « s’accompagner encore du renforcement du tri sélectif »

Nous souscrivons à la nécessité de renforcer le tri sélectif soulignée par P. Pichery. Mais est-ce le bon ordre des choses ? Fallait-il faire un incinérateur de 60 000 tonnes avant d’entamer un renforcement du tri ? C’est ce que nous contestons en nous appuyant sur la loi sur la hiérarchie des déchets. Car cette loi de 2015 qui s’appuie sur une directive européenne de 2008, fixe un cadre précis dans lequel la priorité doit être la prévention et la réduction des déchets. En concevant et calibrant un projet d’incinérateur avant d’avoir "renforcé" le tri sélectif, avant d’avoir conçu et appliqué des programmes de réductions, les collectivités enfreignent, selon notre analyse, l’ordre des priorités tel que la loi l’indique.
Par ailleurs, on ne peut nier que la construction d’un tel incinérateur est un très mauvais signal envoyé aux habitants et surtout un élément qui pénalisera ou au moins dissuadera les citoyens et élus de renforcer ces programmes de tri. Comment en effet expliquer demain aux aubois qu’ils doivent trier leurs déchets mais, dans le même temps, alimenter l’incinérateur avec les 60 000 tonnes nécessaires à son fonctionnement ?