La fiscalité autour de l’incinération va tripler d’ici 2025.

1 | 108 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Il y a parfois des coïncidences qui, mieux que tout, illustrent l’absurdité du projet d’incinérateur chapelain. Au moment même où le préfet de l’Aube s’apprêtait à signer l’autorisation d’exploitation du projet Valaubia, le gouvernement annonçait des mesures pour décourager l’incinération et soutenir le le tri.

Cette augmentation inscrite dans le Projet de loi de finances 2019 a pour objectif, en cohérence avec toutes les recommandations faites depuis années, d’inciter fiscalement les collectivités au tri et les dissuader de recourir à l’incinération. Concrètement, la TGAP sur l’incinération subira une première hausse d’ici 20 21 (de 8 à 15€ en moyenne) puis une seconde d’ici 2025 (de 15 à 25€ en moyenne). Cette augmentation peut sembler faible, mais 5 euros de hausse de la TGAP représente, chaque année, un surcoût de 300 000 € pour les collectivités auboises donc les contribuables.
Parallèlement, des mesures d’accompagnement seront prises pour permettre aux collectivités la mise en place, par exemple, de la collecte des bio-déchets (30 % du contenu des poubelles grises) et la tarification incitative.

Edouard Philippe confirme la priorité accordée au recyclage

Une telle décision confirme qu’en construisant l’incinérateur, d’une part, nous irions à contre-courant de ce que les pouvoirs publics invitent à faire  ; d’autre part que nous nous attacherions un boulet écologique et fiscal pour les 40 prochaines années.
D’ors et déjà, la promesse d’un coût « garanti » de 108€/tonne est trahie. Il faudra payer plus (plus de 110€/tonne demain, 115 ou 120€/tonne d’ici quelques années) pour brûler nos déchets alors que le tri et la réduction nous permettraient de bénéficier d’avantages fiscaux et de réduire la facture globale.
Pire, le maintien d’une certaine rentabilité de l’outil nous obligera à des arbitrages « perdants-perdants ». Car nourrir l’incinérateur, non seulement nous coûtera de plus en plus cher, mais nous empêchera également de mener à bien des programmes de réduction nécessaire pour bénéficier des avantages fiscaux.
C’est donc un non-sens, dans un département démographiquement si petit que de vouloir construire un tel projet avant d’avoir exploité toutes les capacités de réduction qui sont les nôtres et en sachant que nos poubelles contiennent 61% de déchets recyclables.

Voir en ligne : TGAP Déchets : Le gouvernement propose une réforme ambitieuse dans le projet de loi de finances pour 2019