Machaon : L’usine champenoise qui recycle tous les plastiques.

125 lecteurs | par Le bureau - Aube Durable

La question du recyclage, singulièrement des plastiques, est au coeur des objectifs de réduction des déchets. Et sur ce sujet précis, nous disposons, aux portes de l’Aube, d’un outil unique en France qui ne demande qu’à être utilisé.

A moins de 100km de Troyes, à Chalons en Champagne, se trouve la première et seule usine en France capable de recycler les plastiques souples (sacs plastiques, sacs des collectes sélectives, bâches, blisters, enveloppes de packs de boissons…).
Mentionnée comme un exemple de l’économie circulaire dans la feuille de route publié fin avril par le gouvernement, ce site a représenté un investissement de 5 millions d’euros pour 35 emplois (à comparer aux 78 millions de dépenses et aux 20 emplois du projet d’incinérateur). Il préfigure une filière qui devrait se développer dans les prochaines années.

En effet, le gouvernement fixe l’objectif de recycler (et non d’incinérer) 100 % des plastiques en 2025 (contre seulement 20 % aujourd’hui). Cet objectif s’inscrit dans une perspective rappelé par la Commission Européenne en janvier 2017 qui indiquait l’urgence que ces : «  ​ déchets plastiques puisse être évitée ou détournée de la valorisation énergétique vers le recyclage ​ ».

L’ensemble des plastiques représente encore aujourd’hui environ 15% de nos poubelles grises. Ce chiffre est basé sur des données nationales. L’absence de caractérisation des poubelles dans notre département ne permet pas de connaître ce gisement. Mais on peut considérer qu’il avoisine la moyenne nationale. A l’échelle de la France, plus de 800.000 tonnes d’emballages plastiques sont enfouies ou incinérées, seulement 230.000 tonnes sont recyclées : 50% des bouteilles et flacons en plastique mais seulement 1% des films et plastiques souples. Détourner simplement la moitié de ces 800 000 tonnes vers le recyclage permettrait d’éviter l’équivalent de 6,5 incinérateurs chapelains !

L’usine Machaon en permettant de collecter dans les poubelles jaunes et de recycler la totalité des plastiques que nous utilisons, conduirait à simplifier fortement le geste tri et à le rendre bien plus efficace. C’est ce que permet déjà le SDEDA dans plusieurs collectivités auboises. La généralisation de ces nouvelles consignes est donc une évidence au regard de ce que représente ce site et les perspectives de développement industriel qu’il contient.

Paradoxalement, alors que notre département se trouve à proximité de l’usine Machaon, seuls 43 000 habitants sur les 300 000 gérés par le SDEDA sont concernés par ces nouvelles consignes.