Est-Eclair du 28 mars : Incinérateur, le match retour

Par Le bureau - Aube Durable - Le dimanche 1er avril 2018 - 19 lecteurs

Vous pourrez lire ou relire l’article de l’Est-Eclair consacré à la réunion publique du 26 mars ainsi que notre analyse sur cette réunion.

Notre analyse

Cette réunion a laissé, à tous, un goût d’inachevé. A l’image de la réunion publique organisée dans le cadre de la 1er enquête publique, le 10 janvier 2018, cette soirée n’a en effet pas permis de lever les nombreuses zones d’incertitudes qui entourent ce projet. Pire, les demi-vérités, les omissions volontaires ou les refus de répondre ont renforcé, non seulement les inquiétudes mais aussi la conviction qui est la notre que ce projet ne dispose pas des garanties nécessaires à sa mise en oeuvre.

Le processus démocratique : Dans sa présentation, le SDEDA a mis en avant la qualité démocratique et la transparence qui a précédé cette enquête publique. L’énormité du propos ne peut que nourrir la défiance. Il nous faut rappeler qu’en 5 ans, de la première délibération prise sur ce sujet jusqu’à cette enquête publique, le SDEDA n’a organisé, en tout et pour tout, qu’une seule et unique réunion publique [1]. En 10 ans, depuis les premières réflexions autour de ce projet, le SDEDA n’a jamais communiqué publiquement les différentes options possibles. Les différents colloques mentionnés ce lundi 26 mars n’étaient par ailleurs interdits au public.
Il est inconcevable aujourd’hui qu’un tel projet, par son coût et sa durée de vie, ne puisse faire l’objet d’un débat préalable digne de ce nom. Or, dans le cas présent, force est de constater que ce projet a été mené dans la plus parfaite opacité [2].

L’impact sur l’immobilier : Interrogé sur les conséquences de ce projet sur le prix des biens immobiliers, Valaubia a esquissé une réponse à la méthodologie plus que douteuse. Selon les porteurs du projet, dans plusieurs villes (Montereau, Issy les Moulinaux ou Reims) la valeur des maisons à proximité d’un incinérateur n’aurait pas subit de baisse. Ces éléments ne valent que si l’on dispose de l’évolution de l’immobilier à plus large échelle. En effet, que vaut une hausse de 2% de la valeur d’un bien à proximité d’un incinérateur si, dans l’agglomération concernée, les prix moyens augmentent de 10% ? Dans ce cas, le premier bien subit une dépréciation réelle de sa valeur. Nous avons ici l’exemple de ces demi-vérités qui se sont succèdes dans cette soirée.

Déchets : Interrogé à plusieurs reprises, avec insistance, sur la caractérisation [3] des déchets qui seraient brûlés, le SDEDA a refusé de répondre. Ce silence est significatif de la faiblesse structurelle du projet.
En effet, plusieurs explications (toutes significatives) peuvent être données à ce refus de répondre à une question extrêmement simple :
- Ou bien les porteurs du projet n’ont jamais procédé à la moindre opération de caractérisation. Ils auraient alors bâtit ce projet sans connaître la nature des déchets qui y seraient brûlés, ni connaître le potentiel de réduction, de prévention, de tri contenu dans les poubelles grises.
- Ou bien, les porteurs du projet ont procédé à une caractérisation et refusent d’en donner le résultat au regard du potentiel de réduction que chacun pourrait alors facilement constater.
Cette question que nous avons posé et notre insistance n’était pas naïve. Nous d’ailleurs insisté sur ce point pour que la transparence soit faite ; en vain...
Ce silence est pour nous l’aveu que le scénario sur lequel repose le projet n’est pas valide. L’extrapolation des données nationales permet en effet de constater que nos poubelles grises contiennent une très large part (environ 80%) de déchets recyclables ou compostables. Ce constat démontre que la priorité à la prévention et au tri, pourtant nécessaire au regard de la loi, n’est pas ici respectée.

[1Un seul débat public a eu lieu à l’initiative d’une association de Sainte-Savine

[2Jusqu’à 2017, les seuls articles de presse faisaient mention d’une UVE, terme quasi-inconnu du grand public

[3La caractérisation consiste à mesurer de manière précise les déchets de la poubelle grise selon leur type (plastiques, textiles, bio-déchets...) et la proportion de chacun

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